Bienheureux Pierre de Porcaro

Pierre-Marie de Porcaro nait le 10 août 1904 à Dinan. Il est le troisième d’une fratrie de cinq enfants. Il y passe son enfance avant d’arriver avec sa mère et ses frères et sœurs à Versailles, suite au décès de son père. Madame de Porcaro et ses cinq enfants, Jean, Pierre, Yves, André et Louise s’installent dans le quartier Saint-Louis au 36 de l’actuelle rue du Maréchal Joffre.

Elève au Petit Séminaire de Versailles à Notre-Dame du Grandchamp, il obtiendra son baccalauréat de philosophie en 1923. Il entre par la suite au Grand Séminaire de Versailles après avoir pris la soutane à Pâques 1923, dans la chapelle de Grandchamp. Il part faire son service militaire en 1925 d’abord à Metz puis à Versailles. Durant son service, il consacre ses loisirs du dimanche aux enfants du patronage de Porchefontaine : il laissera un souvenir marqué par sa foi, sa gentillesse et son entrain.

De retour au Grand Séminaire en 1926, il y est ordonné le 29 juin 1929 en la cathédrale Saint-Louis de Versailles, puis nommé professeur au Petit Séminaire, nomination à propos de laquelle il note dans son journal : « Au point de vue humain, c’est ce que je redoutais le plus. J’aurais au moins le droit de me dire que j’y suis par la volonté de Dieu et par obéissance. Fiat ».

Vicaire à Saint-Germain-en-Laye en 1935 à 1939, il quitte sa paroisse en raison de la mobilisation et sera capturé par l’armée allemande le 23 juin 1940. Prisonnier, Pierre de Porcaro deviendra aumônier des séminaristes prisonniers comme lui. Il sera rapatrié à Saint-Germaine-en-Laye le 4 août 1941.

Peu de temps après, son évêque, Mgr Roland-Gosselin lui demande de partir comme aumônier clandestin au service des travailleurs français du S.T.O. (Service de Travail Obligatoire), quitte à s’engager comme travailleur lui-même. Pierre de Porcaro l’accepte et part pour Dresde le 15 mai 1943.

Après quelques mois, victime d’un accident du travail, il revient à Saint-Germain-en -Laye pour passer un mois de convalescence, de décembre 1943 à janvier 1944. Le 24 janvier 1944 il décide de retourner à Dresde pour continuer la mission que lui a confiée son évêque.

Il est arrêté par la Gestapo de Dresde le 11 septembre 1944, après avoir été dénoncé, au motif de son apostolat sacerdotal, interdit par le régime nazi. Il est envoyé au camp de concentration de Dachau dans un block de prêtres et de religieux où il est apprécié pour ses qualités de chaleureuse fraternité sacerdotale, de piété virile et de zèle apostolique. Durant sa captivité, il n’hésite pas à sortir de son block fermé pour aller exercer son ministère sacerdotal auprès des Français qui sont dispersés dans le camp.

Quelques mois plus tard, l’abbé Pierre de Porcaro contracte le typhus et meurt le 12 mars 1945, après avoir reçu les derniers sacrements.

Pierre de Porcaro aura été un prêtre animé de l’amour du Christ, un véritable apôtre du Christ dont témoigne son zèle apostolique, qui le poussa à donner sa vie pour le salut des âmes.

Son obéissance à la volonté de Dieu, à travers l’obéissance à l’Eglise se manifeste par les nombreux « oui » qu’il a posés durant sa vie. Témoignage d’un abandon de lui-même afin de se configurer au Christ, pour être pleinement au service de ceux qu’il rencontre.

Un prêtre qui l’a connu atteste que « le don sacerdotal de lui-même à Dieu était devenu total et inconditionnel ». Sa profonde vie de prière a marqué ses contemporains, prière qu’il a maintenue malgré les difficultés et dont il a puisé la force pour être témoin du Christ, témoin de son amour, durant sa vie et jusqu’au martyre. Il est une figure de résistance dans cette période troublée de la seconde guerre mondiale : « Il a été pour nous Français le berger qui protégeait d’une manière pleine d’amour son troupeau. Il était pour nous tous, le soleil éclairant et réchauffant nos âmes au milieu de la haine et du matérialisme. », témoigne un requis du S.T.O. Il laisse un souvenir très présent dans le diocèse, en particulier à Versailles et à Saint-Germain-en-Laye : souvenir d’un homme très apprécié, plein d’humour, de bonté et de piété.

Le nouveau séminaire de Versailles ayant ouvert en 2006 se met sous son patronage et porte le nom de « Maison Pierre de Porcaro » . Dans un décret publié le 20 juin 2025, le pape Léon XIV reconnaît le martyre en haine de la foi de cinquante Français morts en 1944 et 1945, dont Pierre de Porcaro fait partie.

Il a été béatifié le 13 décembre 2025 en la cathédrale Notre-Dame de Paris, parmi cinquante français. Il est pour notre diocèse ce « saint de la porte d’à côté » dont parlait le Pape François, saint mis au jour, qui montre que sûrement bien d’autres nous entourent, et dont l’exemple nous pousse à vouloir en devenir un comme lui, lui qui a vécu si proche de nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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